L’oratorio : histoire et compositeurs


Un oratorio est une composition sacrée mais non liturgique, dramatique et étendue, pour solistes vocaux, chœur et orchestre. Le texte narratif est généralement basé sur les écritures ou les histoires bibliques, mais n’est généralement pas destiné à être présenté lors de cérémonies religieuses. Bien que l’oratorio porte souvent sur des sujets sacrés, il peut également traiter de sujets semi-sacrés.

Cette œuvre de grande envergure est souvent comparée à un opéra, mais contrairement à l’opéra, l’oratorio est généralement dépourvu d’acteurs, de costumes et de décors. Le chœur est un élément important de l’oratorio et les récitatifs du narrateur contribuent à faire avancer l’histoire.

Histoire de l’oratorio

Au milieu des années 1500, un prêtre italien du nom de San Filippo Neri a fondé la congrégation de l’Oratoire. Le prêtre organisait des réunions religieuses qui étaient si fréquentées qu’il fallait construire une salle séparée pour accueillir les participants. La salle où se tenaient ces réunions s’appelait l’Oratoire ; plus tard, le terme fera également référence aux spectacles musicaux présentés lors de ces réunions.

Souvent cité comme le premier oratorio est la présentation de février 1600 à l’Oratoria della Vallicella à Rome, appelée la “Représentation de l’âme et du corps” (La représentation de l’âme et du corps) et écrit par le compositeur italien Emilio de Cavalieri (1550-1602). L’oratorio de Cavalieri comportait une présentation scénique avec des costumes et des danses. Le titre de “père de l’oratorio” est généralement attribué au compositeur italien Giacomo Carissimi (1605-1674), qui a écrit 16 oratorios basés sur l’Ancien Testament. Carissimi a à la fois établi la forme artistique et lui a donné le caractère que nous lui connaissons aujourd’hui, à savoir des œuvres chorales dramatiques. Les oratorios sont restés populaires en Italie jusqu’au 18e siècle.

Compositeurs d’oratorios célèbres

Les oratorios écrits par le compositeur français Marc-Antoine Charpentier, notamment “Le Reniement de Saint Pierre”, ont contribué à établir les oratorios en France. En Allemagne, des compositeurs comme Heinrich Schütz (“Oratorio de Pâques”), Johann Sebastian Bach (“Passion selon Saint Jean” et “Passion selon Saint Matthieu”) et George Frideric Handel (“Messie” et “Samson”) ont approfondi ce genre.

Au 17e siècle, les textes non bibliques étaient couramment utilisés dans les oratorios et au 18e siècle, l’action scénique était supprimée. La popularité de l’oratorio a diminué après les années 1750. Parmi les exemples ultérieurs d’oratorios, citons “Elijah” du compositeur allemand Felix Mendelssohn, L’Enfance du Christ du compositeur français Hector Berlioz et “Dream of Gerontius” du compositeur anglais Edward Elgar.

Référence :

  • oratorio (2009). Dans Encyclopædia Britannica. Consulté le 06 octobre 2009 sur le site de l’Encyclopædia Britannica Online.
  • oratorio. Dans The Grove Concise Dictionary of Musicédité par Stanley Sadie © Macmillan Press Ltd, Londres
  • Dean W. 1978. Oratorio. The Musical Times 119(1626):653-668.
  • Otten, J. (1911). Oratorio. Dans The Catholic Encyclopedia. New York : Robert Appleton Company.
  • Rawlins JT. 1981. Carissimi, progéniteur de l’oratorio. Le Journal Choral 21(8):15-20.

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